
Harry Lennix, le talentueux interprête de Boyd Langton dans la nouvelle série de Joss Whedon : Dollhouse a accepté de répondre à nos questions et de revenir pour nous sur son expérience dans la série. Interview exclusive !
Connaissiez-vous le travail de Joss Whedon avant d'entendre parler de Dollhouse ? Et comment vous êtes-vous retrouvé dans cette série ?
Avant de travailler sur Dollhouse , je ne connaissais pas vraiment le travail de Joss Whedon. J'avais bien sûr entendu parler de Buffy contre les Vampires, mais je ne l'avais jamais regardée. En mars ou avril 2008 j'ai passé une audition pour la série. Juste après, je suis passé devant les producteurs de la série avec Joss derrière les caméras. Un jour ou deux plus tard on m'a informé que j'étais retenu pour le rôle de Boyd Langton.
Qu'est-ce qui vous a attiré dans le personnage de Boyd Langton ?
De nombreux éléments ont attisé ma curiosité envers Boyd : c'est un ancien policier dont la nature est de poser les questions les plus basiques. En tant que tel, il devient le repère moral de la série. Ce qui ne signifie pas que la moralité de la série est orientée vers Boyd; seulement que toute question sincère et valide mérite une réponse. Un tel personnage doit exister dans un monde rationnel, que ce monde soit réel ou imaginaire. Boyd est une figure totalement contemporaine parce qu'il fait partie du monde-même qu'il remet en cause et ne peut donc pas s'ériger en juge. Il se contente de poser les questions. J'aime incarner des personnages qui ont l'humanité de demander "pourquoi?"
Pouvez-vous nous en dire plus à son sujet? Allons-nous en apprendre plus sur son passé au cours de ces 13 premiers épisodes?
D'après moi la deuxième saison de toute série est faite pour explorer les personnages plus en profondeur et plus complètement. Le fait est que j'apprends encore à connaître Boyd. Je suis intrigué par ce que les scénaristes voient (de leurs différents points de vue) de conséquent chez lui et en quoi cela correspond à ce que je vois. Alors non, je ne crois pas que les téléspectateurs en apprennent davantage sur son passé cette saison.

Comment décririez-vous un jour typique de Boyd au sein de la "Dollhouse"?
Boyd a les mêmes horaires qu' Echo. Cela ne vaut que quand Echo est “active.” Quand elle est en mission, je suis en mission. C'est sans doute variable puisque Echo n'est pas engagée perpétuellement pour de nombreuses raisons. Boyd est également tenu au courant de toute autre "active" dont les missions pourraient interférer avec Echo. Il est en effet possible que les missions se croisent. Boyd est rigoureux et utilise son expérience de tireur d'élite, d'interrogateur, et sa pratique du conditionnement et de la technologie. En moyenne, il travaille 50 heures par semaine.
Au travers des missions des "Dolls", quelles sont les questions que la série soulève au cours de cette première saison?
Essentiellement, les questions les plus intéressantes pour moi sont :
- Quelle est la nature du libre arbitre?
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Est-ce que le fait-même de vivre (ou de faire vivre à quelqu'un) un fantasme est la preuve qu'on se prend pour Dieu? Quel impact cela a-t-il sur les poupées et leurs responsables?
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Qu'est-ce qui pourrait pousser quelqu'un à céder volontairement le contrôle de sa vie pour s'enrichir matériellement?
Quelles ont été vos intrigues préférées de la saison, tout d'abord en tant qu'acteur et ensuite en tant que téléspectateur?
J'ai particulièrement aimé l'épisode deux (The Target [La Cible]). C'est une relecture de la célèbre nouvelle The Most Dangerous Game [ Les Chasses du Général Zaroff ], de Richard Connell. J'ai également aimé True Believer. [Totalement Fidele], qui a été diffusé récemment. Je n'ai pas encore vu les autres épisodes, mais je dois dire que j'ai aimé jouer Boyd dans chacun d'entre eux.

Comment est-ce de travailler avec Joss et Eliza? Comment décririez-vous l'ambiance sur le plateau?
J'ai beaucoup aimé travailler avec Eliza. C'est une actrice passionnée et toujours curieuse. Elle connait Echo et son avis a du poids et de l'influence sur le plateau. Joss et moi n'avons pas eu tant d'interactions que cela, je ne peux donc pas faire de commentaires sur le fait de travailler avec lui. L'atmosphère sur le plateau est collégiale et professionnelle. Nous passons tous de longues heures à nous démener pour obtenir les meilleurs résultats. Nous croyons tous que nous avons là quelque chose qui mérite d'être exploré davantage, et je crois que cela se voit dans notre travail.
Maintenant que le tournage est terminé, quelle est votre vision globale de cette première saison?
Je n'ai jamais réussi à prédire avec succès la réaction du public. C'est impossible à dire. En général, je limite ma vision aux responsabilités que l'on me donne. En tant que réalisateur, scénariste ou producteur, ma vision s'élargit.
Que ressentiriez-vous à l'idée d'un épisode musical de Dollhouse ? Plutôt inquiet ou excité/heureux?
Tout ça à la fois. Si on me laissait composer quelque chose, je serais au septième ciel!
Quelle est la plus grande différence entre votre travail sur Dollhouse et Commander in Chief ?
Excellente question. En ce qui concerne Commander in Chief et Dollhouse je vois des comparaisons immédiates. Les deux séries mettent en scène des femmes fortes dans des circonstances idéalisées. L'une a une méthode très délibérée de vivre sa vie au quotidien (Mackenzie Allen), et l'autre (Echo/Caroline) a un esprit indomptable qui est maintenant soumis suite à sa propre décision. Dans les faits la fonction de présidente est le symbole du pouvoir et de l'assurance. Echo est le contraire de l'assurance. Ces deux séries ont toutes les deux été créées par des hommes qui semblent être parfaitement à l'aise avec l'idée d'une femme forte dans le rôle principal. Peut-être que cela en dit long sur les hommes eux-mêmes si l'on considère leur femme idéale respective. Encore une fois, les deux femmes sont placées dans une situation qui n'est pas encore réalisée. L'une est l'essence-même du pouvoir; l'autre est la définition de l'impuissance – même si sa nature semble lutter contre le manque d'initiative. Dans mon interprétation des personnages au jour le jour, je dirais que les deux rôles requièrent un personnage qui en apprend sur lui et le monde par ses interactions avec ces deux femmes; et leur apporte en retour une découverte de leur propre personnage, avec lequel mon personnage interagit.
J'ai fait un an sur Commander In Chief , et pour l'instant six mois sur Dollhouse . Dans les deux cas mon personnage est un oeil extérieur objectif qui est placé dans une situation où il doit veiller aux intérêts des deux personnages.

Pouvez-vous nous parler de vos projets actuels ou à venir?
Cette semaine une nouvelle pièce intitulée The St. James Infirmary, que j'ai mise en scène, a démarré à Chicago. Brian Tucker est l'auteur, et je crois qu'il sera une voix importante du futur du théâtre aux Etats-Unis et au-delà. Et puis, le film State of Play sort en avril aux Etats-Unis. J'y joue un détective de la brigade criminelle. Le film a pour vedettes Russell Crowe, Ben Affleck et Rachel McAdams.
Et la question rituelle : quels sont vos films et séries préférés?
Je ne regarde pas énormément la télévision. Ce que je regarde se limite au sport et aux infos. La plupart de mes films préférés sont des classiques. J'étudie encore les films des années 40, 50 et 70. Récemment j'ai aimé Taken . J'ai aussi apprécié Matrix, La Cité de Dieu et Frida , entre autres.
par Juliette Memmi
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